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Coup d’Etat en Afrique : Une courte joie ! ( Éditorial)

Au-delà de la joie, pour certains, et de la peine, pour les autres, après le coup d’Etat au Gabon, une grande question doit tarauder l’esprit de tout africain conscient des enjeux du monde actuel : A quand l’Afrique va-t-elle se guerrir de la maladie de putsch, de prise de pouvoir par les armes ?

Revenons avant tout sur les faits à la base de cette intellection. Après 12 ans à la tête du Gabon, Ali Bongo, fils d’Omar Bongo dont il a hérité le pouvoir par voie presqu’ héréditaire, a été réélu président de la République, mercredi 20 août 2023, avec 64,27% des suffrages exprimés.

Quelques heures après, il a été renversé par un coup d’Etat militaire et placé en résidence surveillée avec des membres de sa famille. Dans une déclaration lue à la chaîne de  télévision “Gabon 24”, située au sein de la présidence, un groupe d’une dizaine de militaires, parmi lesquels des membres de la garde républicaine, annonce l’annulation des élections et la dissolution de toutes les institutions de la République “

Brice Clotaire, nouvel homme fort du Gabon

Dans leurs éléments de langage, ces hommes en uniformes disent s’exprimer au nom d’un “Comité de transition et de restauration des institutions”. On en sait un peu plus sur l’actuel président de ladite transition gabonaise. Il s’agit du général Brice Clotaire Oligui Nguema, commandant en chef de la Garde Républicaine.

Avant d’occuper ce poste, Brice Clotaire Oligui Nguema a exercé des fonctions diplomatiques pendant une dizaine d’années, notamment en tant qu’attaché militaire à l’ambassade du Gabon au Maroc et au Sénégal.

Sa nomination à la tête de la Garde Républicaine est survenue un an après l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) d’Ali Bongo en octobre 2018.
Parmi ses réformes les plus marquantes à la tête de la garde républicaine, on peut citer le développement de la Section des Interventions Spéciales (S.I.S), une unité spéciale placée sous l’autorité directe d’Ali Bongo.

Qui est derrière lui ?

On peut dès lors se poser ces questions subsidiaires :  Qui est derrière lui ? Ce putsch sert quels intérêts ? Est-ce ceux de la population ou des puissantes  étrangères qui ont liquidé leur allié ( Ali Bongo), au profit d’un autre qu’elles vont maintenir au pouvoir aussi longtemps que leurs intérêts seront garantis ?

Ces questions valent leur pesant d’or, étant donné qu’il est absurde de considérer ce putsch comme un acte isolé. Cela doit absolument procéder d’une planification. Qu’à cela ne tienne. Aux africains, de comprendre qu’il n’y a pas qu’à s’en réjouir. Encore faudra-t-il s’interroger sur la suite de la santé  économique et sociale du Gabon.

Il suffit d’interroger l’histoire pour voir le sort réservé aux pays qui ont connu des coups d’Etat en Afrique juste après le renversement de l’ordre démocratique établi. La réponse, “ce n’est qu’une courte joie”. Un véritable “déshabiller saint Paul, pour habiller saint Jean”. Dans le pire des cas, le régime militaire qui arrive au pouvoir se montre plus restrictif des droits et libertés fondamentaux que le précédent.

Les urnes comme les armes, la conséquence est la même !

Malheureusement, le constat amer fait est que les urnes ou les armes, la conséquence est la même :  La persistance de la misère de la population, face à une élite dirigeante richissime et à la solde des puissantes étrangères.

Moralité, l’ère et l’heure ne sont plus à se réjouir de la prise de pouvoir par la force. Les africains doivent s’affranchir des mentalités rétrogrades et arrêter d’être manipulés par les impérialistes qui les opposent les uns contre les autres.

Autant on dénonce la généralisation des putsch, à l’instar de la période post indépendance, autant on condamne la propension à demeurer au pouvoir au-delà des délais légaux. Attitude, sans nul doute, qui favorise même cette tendance à prendre le pouvoir par crépitement des balles.

Changer les rapports de force par la production

L’enjeu premier pour l’Afrique, à l’heure actuelle, est le développement qui doit passer entre autres par l’augmentation exponentielle de la production. Chose qui va conséquemment pousser au changement des rapports de force avec les prétendus “puissants du monde “.

Le moment est venu pour que la l’Afrique dicte sa vision du monde aux autres, forte de toutes ses potentialités. Il est temps qu’elle gagne des sièges permanents au sein de l’ONU, plutôt que de continuer à se comporter comme un balon d’air qu’on peut manipuler à dessein.

Cela dit, que vice l’Afrique qui a tout pour s’autodeterminer. De ressources humaines, aux ressources minières, en passant par la faune, la flore, l’eau et le soleil. Aux africains d’en prendre une fois de plus conscience.

Pour nous réinventer économiquement, nous devrions sortir du cercle vicieux du pis- aller ou du moindre mal entre deux maux pour entrer dans le cercle vertueux de l’alternative au formalisme électoral que nous confondons avec la démocratie ou qui tient lieu de démocratie alors qu’elle est juste un alibi démocratique et même un leurre démocratique.

Orly-Darel NGIAMBUKULU

Chef du Cartel Gris

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