A travers sa récente étude sur la réduction du train de vie des institutions, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) prête mains fortes à la synergie des syndicats du secteur public, afin de renforcer le plaidoyer pour la répartition équitable des richesses nationales, à travers notamment l’amélioration sensible du traitement salarial et des conditions de travail.
Cette grosse force sociale homogène en constitution qui réunit en son sein des organisations syndicales des médecins, des enseignants, des fonctionnaires, des inspecteurs, des professeurs d’universités, des infirmiers, des magistrats et bien d’autres corporations, promet des actions de grande envergure pour exiger l’équité dans les salaires en RDC. L’annonce a été faite autour d’un atelier tenu vendredi 17 mars 2023.
Parmi les intervenants, le PCA de l’ODEP, le professeur Florimond Muteba, a plaidé pour une justice redistributive de fait et non de nom. Il a
démontré, chiffres à l’appui, comment, en réduisant le train de vie des institutions, l’Etat va avoir suffisamment de moyens pour améliorer les conditions salariales de ses travailleurs et financer le développement.
“Nous avons produit un document sur les réformes étatiques pour réduire le train de vie de l’État dans le but d’appliquer la justice redistributive au reste de la population. Le peuple congolais doit bénéficier des salaires dignes. Cette synergie faite avec les syndicats et les forces sociales va nous conduire à de grandes actions des masses pour revendiquer les droits bafoués depuis 150 ans des travailleurs congolais. Nous voulons que le “peuple d’abord” soit effectif. Le combat pour reconquérir nos droits a commencé. Il va être long peut-être mais il sera victorieux. C’est le combat du peuple”, a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : “Il faut l’application d’un bon SMIG, un salaire minimal qui tient compte du coût de la vie. Nous allons nous battre ensemble avec les syndicats pour obtenir la protection des travailleurs”.
Secrétaire général du SYNECAT et porte-parole de la Synergie des enseignants de la RDC,
Jean-Bosco Puna, a insisté sur l’importance de la création de cette nouvelle synergie des syndicats et associations professionnelles.
“Le projet est de mettre ensemble les différents syndicats professionnels et interprofessionnels pour que nous puissions évoluer dans une solidarité syndicale qui va consister, par exemple, à élaborer un seul cahier des charges communs, proposer un seul barème au gouvernement afin qu’il puisse redistribuer les ressources nationales à tous les citoyens dans un esprit d’équité. C’est le sens qu’il faut donner à cet atelier organisé en partenariat avec l’ODEP”, a-t-il indiqué.
Il a plaidé pour l’équilibre des salaires et primes à payer aux agents publics de l’Etat, créateurs des richesses. Jean-Bosco Puna a, en outre, insisté sur la nécessité pour l’État d’appliquer un barème qui permettra à ses agents de mieux vivre pendant les moments de travail et durant la retraite.
” Cela fait beaucoup d’années que les salaires des fonctionnaires de l’Etat ne s’améliorent pas. Il existe une disparité criante entre les salaires que touchent les cadres au niveau politique et les agents de l’Etat. Ces choses ne devraient plus continuer. L’étude de l’ODEP sur la réduction du train de vie des institutions prouvent que les travailleurs qui sont créateurs des richesses sont clochardisés et mis à l’écart. Il faut équilibrer les salaires et les primes à verser aux agents publics de l’Etat. Nous allons élaborer un cahier des charges communs et nous allons tenir une grande assemblée générale de restitution pour que ce cahier des charges soit approprié par les agents de l’Etat. Il faut que tous les agents de l’Etat se mettent ensemble afin de revendiquer”, a affirmé Jean-Bosco Puna.
La RDC demeure à ce jour un pays paradoxal avec le peuple parmi les plus pauvres au monde ( 10 ème), alors qu’elle dispose des ressources minières stratégiques, de 80 millions de terres arables, sans compter son soleil et son hydrologie.
Nombre d’analystes attribuent ces disparités sociales très perceptibles à l’oeil nu à la redistribution non équitable des richesses. D’où la pertinence du plaidoyer mené par la société civile pour la réduction sensible du train de vie de l’Etat.
Clarin Cabrel










