Le ministre congolais des Mines,
Kizito Pakabomba, annonce avoir signé un arrêté bannissant la zone de Rubaya, dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu, de toute opération minière. Il l’a dit dans son intervention lors du troisième café de présse organisé par le Cadastre Minier ( CAMI) ce jeudi 11 octobre 2024 à Kinshasa.
“En RDC, l’exploitation industrielle se fait en respectant les plus grandes normes internationales. Par rapport au cobalt, je vous assure que nous avons signé des arrêtés sur la région de Rubaya qui excluent toute opération minière sur cette zone. Avec les différents services, nous allons veiller à ce que cela puisse se faire. Et comme ce sont des zones occupées, avec le soutien des initiatives de traçabilité existantes et avec la communauté internationale, nous allons nous assurer que ces produits ne soient plus commercialisés puisqu’issus des zones en conflits“, a déclaré le patron du secteur minier en RDC.
Le ministre Kizito Pakabomba a par ailleurs appelé la communauté internationale à tenir compte de ces arrêtés en blacklistant la quantité de ces minerais issus des zones en conflits, principalement de la zone de Rubaya qui est sous contrôle du mouvement terrorisme du M23 avec son parrain le Rwanda.

La région de Rubaya est sous contrôle du M23 depuis un certain temps. Selon les statistiques, ce site minier produit 400 tonnes de cobalt par semaine et 500 tonne de casiterite par semaine qui sont immédiatement acheminés vers le Rwanda.
Le ministre des Mines a en outre saisi cette occasion pour dénoncer ce qu’il a qualifié de la diabolisation du Cobalt congolais car, a-t-il souligné, 95% de la production de Cobalt en RDC sont issus du secteur industriel. Il n’y a donc que 5% qui échappent au contrôle.
“Nous avons signé un arrêté qui placait la zone de Rubaya comme une zone bannie pour les exploitations minières. Nous avons le groupe d’experts des Nations unies qui, le 9 juillet 2024, a annoncé que la guerre de l’Est était une guerre à des fins économiques. Ce groupe d’experts a notamment pointé les agresseurs de la RDC en nommant le Rwanda. Là également, je deplore que peu de la représentation de la commune internationale ait réagi pour assurer et confirmer que c’est le cas. Nous menons des actions militaires, diplomatiques et voire économiques sur terrain pour contrôler les zones en conflits “, a-t-il souligné.

Le ministre des Mines a aussi réagi, au cours de ce café de presse, sur le rapport de Cobalt institute qui a récemment fustigé la présence des enfants dans les mines en RDC. Pour le ministre Kizito Pakabomba, ces chiffres sont erronés. Il estime que ce rapport fait de l’amalgame car il devrait faire la distinction entre la présence des enfants dans les zones d’exploitation artisanale, industrielle et dans des zones en conflits.
“Pour le coltan, nous avons réagi au travers d’une note gouvernementale, par rapport au communiqué de Cobalt institute. Nous avons réagi au travers du porte-parolat du gouvernement au niveau du ministère de la Communication pour dénoncer cet amalgame avec des aspects industriels à bien séparer avec les aspects artisanaux, à bien séparer aussi avec les aspects des zones en conflits avec les aspects à zones normales. Sur les aspects artisanaux, beaucoup de travaux sont déjà entrepris pour le Cobalt en particulier. Nous avons des commissions interministérielles qui siègent depuis un certain temps, qui travaillent pour réduire au maximum la présence des enfants dans les mines“, a-t-il rassuré.
Dans la même veine, le ministre des Mines a repondu à une question sur
le Département du travail américain qui a mis la RDC sur la liste des pays à forte présence des enfants dans les mines. Il a affirmé que le gouvernement attend des précisions des États-Unis pour savoir si ces données sont de quelle année et où se situent ces enfants, afin we prendre des mesures qui s’imposent.

Le ministre Kizito Pakabomba
par ailleurs rassuré que les efforts sont déployés par le gouvernement Suminwa pour disposer des statistiques fiables relatives au secteur minier et pour améliorer davantage le climat des affaires dans ce secteur.

Soulignons que ce café de presse a porté sur le thème : “Les défis et perspectives liées à l’approvisionnement responsable des minerais issus de l’exploitation artisanale”. Ce fut l’occasion pour le ministre des Mines de féliciter le Cadastre Minier pour le travail qu’il est en train d’abbatre pour l’augmentation des recettes relatives au paiement des droits superficiaires annuels, mais aussi pour le netoyage de la carte retombe minière de toutes les sociétés qui ne respectent pas le Code minier et le Règlement minier
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