Promesse tenue. Après Kinshasa, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a officiellement lancé, ce samedi 15 novembre 2025, la formation de la deuxième vague des nouveaux magistrats, cette fois à Lubumbashi.
Au total, 374 magistrats entament une session de formation de trois mois dans la capitale du Haut-Katanga, tandis que 2.134 autres poursuivent déjà la même formation à Kinshasa.
Dans son intervention, le président du CSM, Dieudonné Kamuleta, a appelé les nouveaux magistrats à la discipline, à l’intégrité morale et à l’amour du métier.
« C’est avec une immense joie que je lance cette formation. Jusqu’en 2023, le nombre total de magistrats en RDC n’avait jamais dépassé 3.000. Aujourd’hui, nous sommes plus de 8.000. La magistrature est une carrière qui exige patience et clairvoyance. Aucun d’entre nous n’a bâti sa carrière uniquement à Kinshasa. 98 % de ceux qui sont au sommet aujourd’hui sont passés par des terrains difficiles », a-t-il rappelé.
Le président de la Cour constitutionnelle a partagé son propre parcours, depuis sa première affectation à Kamina en 1989 jusqu’à sa fonction actuelle, soulignant l’importance de la persévérance.

« Commencer dans une grande ville est souvent un désavantage. Vous risquez de vous battre pour exister en empruntant de mauvais chemins. La magistrature est noble, mais l’indépendance va de pair avec la responsabilité. Il fut un temps où le salaire d’un magistrat équivalait à 20 dollars. Vous arrivez aujourd’hui à l’âge d’or de cette profession. Faites preuve de redevabilité », a-t-il exhorté.
De son côté, le procureur général près la Cour constitutionnelle, Moke Mayele John Prosper, a insisté sur la discipline et l’éthique personnelle.
« Chaque maison a ses exigences, et la plus grande, c’est la discipline. Ne perdez pas votre temps à critiquer vos chefs. Le véritable combat, c’est celui contre vos propres faiblesses : corruption, cupidité, orgueil, indiscipline. Votre meilleure arme, c’est votre conscience », a-t-il conseillé.
Le premier président de la Cour de cassation, Ndomba Kabeya Élie Léon, a, lui aussi, mis en avant la responsabilité et la discipline, rappelant ses débuts à Luozi avant d’arriver à Lubumbashi.

« La magistrature est une armée civile. La discipline n’est pas négociable », a-t-il insisté.
Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a évoqué la notion de karma pour encourager les nouveaux magistrats à être exemplaires.
« On ne récolte que ce qu’on a semé. Beaucoup sont allés là où c’était plus rentable, mais nous avons choisi cette carrière par vocation. Si un jour vous réalisez que ce n’est pas votre voie, ayez le courage de partir. Honorez votre destin », a-t-il déclaré.
La Première présidente du Conseil d’État, Brigitte Nsesele Wa Nsesele, a, pour sa part, invité les futurs magistrats à devenir des artisans de paix sociale, des gardiens de la légalité et des serviteurs incorruptibles du peuple congolais.

Enfin, le procureur général près le Conseil d’État, Mukolo Nkonkesha, magistrat depuis 1988, a rappelé l’importance de la vertu.
« Quand vous faites le bien, il vous revient. Quand vous faites le mal, vous en payez le prix », a-t-il conclu.
Contexte
Les magistrats en formation font partie des 5.000 candidats déclarés reçus au concours de recrutement organisé le 9 octobre 2022.
Le président de la République avait nommé un premier groupe de 2.500 magistrats le 6 juin 2023, avant de lancer leur formation un mois plus tard, le 15 juillet 2023.

Le 28 mars 2025, une seconde ordonnance présidentielle a officialisé la nomination des 2.500 autres magistrats, qui entament à leur tour leur formation.
Recrutés depuis 2022, ces magistrats attendaient leur nomination depuis 2024, après l’affectation du premier groupe en 2023.
Désignés comme les magistrats de l’État de droit, ces 5.000 nouveaux serviteurs de la justice sont appelés à jouer un rôle central dans la lutte contre toutes les formes d’impunité qui menacent le pays.
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