Dans le cadre du projet « Appui à la gouvernance financière en RDC », mis en œuvre par la coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a tenu un atelier de formation destiné aux chargés de programmes, chercheurs et analystes économiques des organisations membres de la coalition.
L’objectif de cette session était de renforcer les compétences des participants en matière de recherche, d’analyse des données et de rédaction de rapports relatifs à la gestion des finances publiques.
À travers cette initiative, le CREFDL entend contribuer à une surveillance citoyenne plus rigoureuse, structurée et méthodique des dépenses publiques.
Ouvrant la série d’exposés, le coordonnateur du CREFDL, Valéry Madianga, a développé le thème portant sur la conduite d’une mission de contrôle des politiques publiques. Il a expliqué que toute démarche de contrôle débute par l’identification précise d’un problème ou d’une préoccupation d’intérêt public.
Cette phase initiale doit prendre en compte l’impact réel de la politique concernée, son équité, sa pertinence ainsi que le niveau de transparence observé dans sa mise en œuvre.
L’intervenant a ensuite insisté sur l’importance de constituer une équipe pluridisciplinaire, capable d’aborder les problématiques sous différents angles. Selon lui, la diversité des compétences, l’objectivité des membres et une répartition claire des responsabilités constituent des conditions essentielles pour garantir la crédibilité des enquêtes citoyennes.
Il a également mis en avant les principaux axes d’analyse à privilégier lors d’une mission de contrôle, notamment le suivi de l’exécution budgétaire, l’évaluation de la performance, l’analyse de l’impact socioéconomique des politiques publiques, ainsi que l’examen des mécanismes de gouvernance et de transparence.
Par ailleurs, le coordonnateur du CREFDL a rappelé que toute enquête sérieuse doit s’appuyer sur des documents officiels, tels que les programmes gouvernementaux, les rapports d’audit, les évaluations sectorielles, le Plan d’engagement budgétaire (PEB), les états de suivi de l’exécution budgétaire et la Loi de finances.
Concernant la rédaction des rapports, il a recommandé une structuration claire, débutant par une introduction contextualisée et suivie d’une présentation factuelle des constats. Les données doivent être appuyées par des éléments chiffrés, des graphiques et des tableaux, afin de faciliter la compréhension et d’accroître la force démonstrative du document.

Une synthèse des principales conclusions et des recommandations vient généralement clore le rapport.
Le deuxième module a été animé par le démographe Joël Kiniati, chercheur au sein de Ebuteli. Son intervention a porté sur les techniques de sondage d’opinion comme outil d’aide à la décision et de plaidoyer citoyen.

Il a expliqué que les enquêtes d’opinion permettent de capter les perceptions et les attentes des citoyens sur des questions de gouvernance. Pour garantir la fiabilité des résultats, il a insisté sur le respect des étapes méthodologiques, notamment la définition claire des objectifs, l’élaboration d’un questionnaire cohérent, le choix d’un échantillon représentatif et l’analyse rigoureuse des données collectées.
Les échanges qui ont suivi les présentations ont permis aux participants de partager leurs expériences de terrain et de soulever des défis rencontrés dans le cadre du suivi budgétaire.

L’atelier s’est achevé par des travaux pratiques et des recommandations visant à consolider les mécanismes de contrôle citoyen en République démocratique du Congo.
Vira Kiese








