La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a condamné avec fermeté l’arrestation arbitraire et la détention illégale, le vendredi 12 septembre 2025, de son Directeur exécutif, M. Rostin Manketa Nkwahata, à l’Auditorat militaire de Kinshasa-Matete. Celui-ci s’y était rendu pour exiger la libération de six civils arrêtés plus tôt dans la commune de la N’sele.
Un conflit parcellaire à l’origine
Selon la VSV, les six civils travaillaient depuis plus de deux semaines sur un chantier du quartier Dingi-Dingi, lorsqu’ils ont été interpellés par un groupe de militaires des FARDC, conduits par deux civils se réclamant propriétaires de la parcelle. Les personnes arrêtées auraient subi des menaces, des confiscations de biens et des pertes matérielles, notamment cinq sacs de ciment déjà préparés pour la construction.
Un jeune passant a également été embarqué, portant le nombre total de personnes arrêtées à sept.
L’arrestation de Rostin Manketa
Informé de la situation, M. Rostin Manketa s’est rendu à l’Auditorat militaire pour demander leur libération. À son arrivée, il a lui-même été arrêté sous prétexte de construire sur une parcelle appartenant à autrui. La VSV dénonce le traitement inhumain qu’il a subi, notamment l’obligation de retirer ses chaussures et sa ceinture sous menace, malgré la présentation de ses documents d’identité.
Intervention des autorités judiciaires
L’organisation salue cependant la réaction de certains responsables de l’Auditorat, notamment le Lieutenant-Colonel magistrat Lemba Dia Lemba, qui a permis à M. Manketa de recouvrer ses effets personnels et de présenter les documents d’achat légaux de la parcelle. Une confrontation avec la partie adverse a été fixée au lundi 15 septembre 2025.
Vers 16h30, le Directeur exécutif de la VSV et les six civils arrêtés ont finalement été relâchés.
La VSV appelle à des sanctions
Dans son communiqué, la VSV condamne l’instrumentalisation de l’armée et des services de sécurité dans des affaires civiles et rappelle que de tels abus rappellent encore douloureusement l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana. L’organisation appelle les autorités congolaises à :
1. interpeller les auteurs de ces dérives ;
2. sanctionner les militaires impliqués dans ces arrestations illégales,
3. restituer les biens confisqués aux victimes ;
4. Et garantir le respect des droits humains lors des interpellations.
La VSV a exprimé sa gratitude aux autorités et défenseurs des droits humains qui sont intervenus pour la libération de son Directeur exécutif, soulignant que sa vie et son intégrité physique avaient été mises en danger.








