L’université n’a de sens que si elle produit des ouvrages et des articles scientifiques issus de la recherche. Et il ne s’agit pas d’une recherche menée pour elle-même, dans un simple effet de mode, mais d’une recherche capable d’apporter des réponses concrètes aux véritables préoccupations de la société.

C’est dans cette dynamique que l’Université de Kinshasa (UNIKIN) continue de se distinguer. Ce jeudi 4 juin 2026, l’un de ses éminents professeurs, le publiciste Laurent Onyemba Djongandeke, a présenté un ouvrage qui se veut une contribution majeure à la réflexion sur l’encadrement du multipartisme en République démocratique du Congo.
Intitulé « Les partis politiques et la construction de l’État de droit constitutionnel en RDC : Contribution à la théorie du multipartisme rationalisé en droit constitutionnel congolais », cet ouvrage de 348 pages est publié aux éditions L’Harmattan.

Le livre a été porté sur les fonts baptismaux par l’ancien ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, en présence du doyen de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, ainsi que de plusieurs personnalités du monde politique, juridique et académique congolais.

Selon son auteur, cet ouvrage vise à proposer un modèle de multipartisme mieux adapté aux réalités du pays, tout en luttant contre la prolifération de partis politiques sans véritable ancrage ni utilité pour la démocratie. Il suggère également la mise en place de ce qu’il appelle un « droit pénal des partis politiques » en RDC.
« L’ouvrage publié aujourd’hui est tiré de ma thèse de doctorat qui portait sur cette même problématique. Je suis parti du constat scientifique selon lequel notre pays connaît une prolifération excessive des partis politiques. La déliquescence de l’État n’est aujourd’hui que la transposition de celle des partis politiques. Si nous voulons bâtir un État de droit constitutionnel et démocratique, garant d’un développement intégral, nous devons impérativement encadrer cette prolifération perverse des partis politiques », a déclaré l’auteur.
Poursuivant son propos, Me Laurent Onyemba a exposé quelques-unes de ses principales recommandations : « J’ai proposé un véritable code pénal des partis politiques. Un parti qui participe aux élections sans obtenir le moindre siège devrait être dissous de plein droit, et ses animateurs ne devraient plus être autorisés à créer ou à rejoindre un autre parti politique. J’ai également proposé des mécanismes permettant aux partis politiques de jouer un rôle actif dans l’éducation civique des citoyens, au-delà de la simple conquête du pouvoir. Les missions et les fonctions des partis doivent être au cœur de leur existence. Il est anormal que l’on retrouve au sein d’un même parti le père, la mère et les enfants, et que les institutions de l’État soient confisquées par un groupe restreint d’individus. »
L’auteur affirme avoir également abordé dans son ouvrage la question de la réforme constitutionnelle.
« Aucun constitutionnaliste sérieux et crédible ne peut soutenir qu’il est possible de déconstruire l’ordre constitutionnel qui fonde sa propre légitimité. Ce sont des hérésies scientifiques. Certains évoquent l’exemple de la Suisse, mais nous ne sommes pas la Suisse. La Constitution suisse prévoit des mécanismes de révision totale. Chez nous, l’article 220 constitue le socle du compromis fondamental de notre société. Quiconque s’aventurerait à le remettre en cause devra se soumettre au jugement du temps et, surtout, à celui du peuple, qui demeure le souverain ultime », a-t-il martelé.
Comme indiqué précédemment, l’ouvrage a été baptisé par Alexis Thambwe Mwamba. Ce dernier a souhaité voir ce livre figurer dans les bibliothèques de tous les responsables politiques appelés à exercer de hautes fonctions au sein de l’État.

Prenant la parole à son tour, le doyen de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, le professeur Vincent Kangulumba, a salué la vitalité scientifique de son institution. Il a félicité l’auteur pour cette nouvelle contribution intellectuelle et l’a encouragé à poursuivre ses travaux de recherche.

La présentation de l’auteur a été assurée par le professeur Marcel Wetsh’okonda, tandis que celle de l’ouvrage a été faite par le professeur Célestin Dimandja.
Rédaction








