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Kinshasa : JUSTICIA Asbl exige des poursuites judiciaires contre Augustin Kabuya après incendie des bâtiments du PPRD

Une vive polémique entoure la marche organisée le lundi 4 mai 2026 à Kinshasa en soutien aux sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila.

L’ONG de défense des droits humains JUSTICIA Asbl appelle le ministre de la Justice à prendre ses responsabilités en donnant des injonctions au Procureur général de la République afin que des poursuites judiciaires soient engagées contre les initiateurs de cette manifestation.

Dans un communiqué, l’organisation se dit profondément choquée par les images diffusées sur les réseaux sociaux montrant l’incendie de bâtiments appartenant au Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD).

Ces actes de vandalisme auraient été commis par certains participants à la marche, initialement présentée comme une manifestation pacifique.

Selon les éléments avancés par JUSTICIA Asbl, l’organisation de la marche avait été notifiée officiellement à la mairie de Kinshasa par une correspondance datée du 2 mai 2026.

Cette démarche émanait de Augustin Kabuya, député national et président ad intérim de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi).

Aucune objection n’aurait été formulée par les autorités urbaines, qui auraient plutôt promis un encadrement sécuritaire assuré par la Police nationale congolaise.

Cependant, pour JUSTICIA Asbl, l’absence d’incidents majeurs était une responsabilité qui incombait également aux organisateurs.

L’ONG estime qu’une enquête devrait être ouverte à l’encontre d’Augustin Kabuya pour n’avoir pas su encadrer les manifestants, certains d’entre eux s’étant attaqués à des biens privés.

L’organisation va plus loin en pointant le rôle du ministre de la Justice, l’invitant à adresser des injonctions claires au Procureur général de la République.

Selon elle, en l’absence de telles directives, il serait peu probable que des poursuites soient engagées contre des acteurs politiques proches du pouvoir.

JUSTICIA insiste sur le fait que si la justice congolaise se veut réellement indépendante et impartiale, les responsabilités doivent être établies et assumées, quel que soit le statut des personnes concernées.

Par ailleurs, l’ONG rappelle l’importance de préserver les libertés fondamentales, notamment le droit de manifester. Elle encourage les partis politiques et les organisations de la société civile à continuer d’exercer leurs droits civiques sans céder à l’intimidation.

Toutefois, elle appelle également les autorités administratives et les services de sécurité à garantir un encadrement équitable et efficace de toutes les manifestations publiques.

Enfin, JUSTICIA Asbl souligne que le cadre légal congolais, tel que défini par la Constitution révisée en 2011, consacre le régime d’information en matière de manifestations publiques, et non celui d’autorisation préalable.

Un principe qui, selon l’organisation, doit s’accompagner d’une responsabilité accrue des organisateurs et d’une neutralité stricte des autorités publiques dans la gestion des libertés démocratiques.

Rédaction

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