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Kongo Central – Muanda : Où sont passés les 10 millions $ de compensation des entreprises pétrolières destinés à booster le développement local ?

Où sont passés les 10 millions $ de compensation des entreprises pétrolières destinés à booster le développement local ? La question mérite d’être posée lorsqu’on sait que, près de deux après, cet argent n’a jamais commencé à profiter à la population locale.

Cette importante somme d’argent du Trésor public congolais serait -elle introuvable à ce jour? L’expression ” difficilement traçable” convient le mieux. Il s’agit de 10 millions USD tirées des 25 millions de compensation des compagnies pétrolières que le chef de l’État Félix-Antoine a décidé d’affecter au développement local de la population de Muanda, dans la province du Kongo Central, avec en ligne de mire le projet d’électrification.

Des acteurs de la société locale qui ont porté ce dossier à notre rédaction s’étonne de voir les ministres du gouvernement Sama, notamment celui des Hydrocarbures, bouder dans l’impunité totale la décision du président de la République, marquée par écrit, dans le compte rendu du Conseil des ministres du 23 décembre 2021.

Il y est écrit noir sur blanc que le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi a instruit le ministre des Hydrocarbures, de suivre le dossier de remise d’une somme de 10 millions USD au profit du développement du territoire de Muanda, dans la province du Kongo Central.

Près de deux ans après, cet argent n’a jamais bénéficié à la population de cette ville qui continue de sombrer dans l’obscurité à la base d’une insécurité grandissante. A côté de cela, il y a d’autres vrais problèmes auxquels les habitants de Moanda sont confrontés au jour le jour.

Pour la société civile de la population de Muanda, le plus grand suspect dans cette affaire est le ministre Didier Mudimbu, à qui le président a confié la gestion de ces 10 millions USD. Il a mis en place une commission budgétivore chargée de gérer ces fonds dont le seul fonctionnement coûte environ 50.000 USD le mois.

Un autre suspect qui, selon les acteurs de la société de Muanda, le mutisme traduit une certaine complicité, est le ministre des Finances Nicolas Kazadi. Son éclairage est vivement attendu, à défaut d’une enquête de l’Inspection Générale des Finances ( IGF) et de la Cour des photos.

” Tantôt le ministre des Hydrocarbures cite le BCECO, tantôt il nous renvoie chez son collègue des Finances. Nous savons que le chef de l’État condamne fermement les actes immoraux de détournement des deniers publics. Alors faisons preuve que l’état de droit n’est pas un slogan ,mais plutôt une réalité “, renseigne une pétition que la société locale a adressée au bureau de l’Assemblée nationale pour solliciter l’interpellation du ministre Budimbu.

Ce sont surtout les déclarations du directeur général du Bureau Central de Coordination ( BCECO) qui a secoué le panier à crable. Ce dernier affirme que son institution est en possession de ces 10 millions USD qu’elle aurait logé dans un compte bancaire chez FNB Bank.

Faux rétorquent les acteurs de la société civile de Muanda. A les encore, les investigations menées démontrent que la banque ne reconnaît pas avoir encaissé cette somme.

Et comme si cela ne suffisait pas, le fait de dire que le BCECO est en possession de cet argent a vu à cet organe technique une guerre frontale avec la Commission de Gestion des Fonds Muanda mise en place par Didier Mudimbu. A travers une correspondance datée du 20 février dernier, cette structure réclame la gestion de ces fonds.

Dans tout cela, c’est la population qui est le dindon de la farce. Ces fonds payés par les entreprises pétrolières question de financer le développement local en contrepartie de la dégradation de l’écosystème occasionnée par leur exploitation industrielle est sont ce jour “intraçables”. Affaire à suivre.

Rappelons que dans une correspondance envoyée précédemment au BCECO, la Commission de Gestion des Fonds Muanda avait défini les projets prioritaires. A en croire ce document, 5 millions devraient être affectés au secteur de l’énergie, avec en toile de fonds l’amélioration du réseau électrique et la mise ke place de l’éclairage électrique solaire.

Le montant restant, soit 5 million USD, devrait être affecté au volet socio-économique, au volet socio-culturel et à bien d’autres domaines en lien direct avec le développement local.

Molimo Kasundi

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