Le fameux contrat chinois qui lie la RDC à un groupement d’entreprises chinoises ( GEC) continue d’alimenter la chronique. Notre rédaction a décidé de donner la parole aux scientifiques, question de proposer des pistes devant conduire au rétablissement des équilibres entre la RDC et la Chinoise qui, selon le rapport de l’IGF, a déjà gagné une dizaine de milliards USD de bénéfice, contre à peine moins de 400 millions USD d’infrastructures côté congolais.
Au cours d’une interview nous accordée ce samedi 11 mars 2023, Merlin Makanzu, chercheur en Economie Mathématique et assistant à la faculté des Sciences économiques et de gestion de l’Université de Kinshasa, estime que la Chine a tout intérêt à réparer, s’il y a lieu, le préjudice subi par la partie congolaise, afin de ne pas perdre ce partenariat stratégique dans ce contexte de transition énergétique, marqué notamment par le challenge pour le contrôle des minerais stratégiques que regorge la RDC.
“La Chine a tout à gagner à ne pas froisser la RDC. Elle doit éviter de froisser la RDC. Elle doit avoir en esprit les enjeux qui entourent le contrôle du cobalt et du cuivre en ce moment crucial de transition énergétique et de guerre de leadership avec les États-Unis. Tout ce que la Chine peut faire, c’est de prendre le rapport de l’IGF, de l’analyser, point par point et de préparer les éléments de réponse pour effectivement présenter d’autres évidences, d’autres faits s’il y en a”, a-t-il déclaré.
Pour cet analyste économique, la solution à cette lésion que la RDC vient de subir dans ce contrat que beaucoup de congolais qualifient de “diabolique” est de mettre en place une commission bipartite devant évaluer point par point la mise en œuvre de ce contrat.
” Il va falloir mettre en place une équipe, une commission bipartite qui analysera point par point ce contrat et va voir s’il y a des éléments à recadrer, des éléments qui ont été sous-estimés ou non pris en compte par l’IGF; et, à l’issue, dégager un consens autour de la situation réelle de l’exécution du contrat. Il est important que les deux parties discutent pour voir quel est l’équilibre à trouver”, a indiqué Merlin Makanzu.
Il encourage la Chine, au cas où il s’avérait, au terme de cette bipartite, que la partie congolaise est considérablement perdante, de mettre en place, illico, un mécanisme de compensation, question de réparer le préjudice et éviter de perdre ce partenariat stratégique.
“Le rapport de l’IGF n’est pas parole d’évangile. Il mérite d’être discuté. S’il s’avère que la RDC n’a pas trouvé totalement satisfaction dans ce qui est fait à ce jour, je crois qu’il serait sage pour la Chine de trouver comment mettre en place, très rapidement, un mécanisme de compensation à concurrence du volume d’investissement dont la RDC s’estime perdante et voir ce qu’il va falloir faire. C’est le prix à payer pour préserver sa présence dans ces gisements”, a-t-il conseillé.
Et à cet économiste d’ajouter : ” Perdre les gisements de cuivre et du cobalt en RDC est beaucoup plus compromettante à la Chine qu’à la RDC. Donc c’est plutôt la Chine qui a tout à gagner pour faire en sorte que l’issue de sortie soit favorable à la RDC, tout en protégeant aussi ses intérêts stratégiques bien-sûr”.
Cet économiste pense en outre que, telle une action de séduction, la Chine doit
s’inscrire dans une dynamique qui consiste à mettre la RDC en difficulté de se débarrasser d’elle comme partenaire privilégié dans le secteur minier. Il l’encourage ainsi à mettre en place des unités de transformation au niveau local et à se montrer plus généreuse envers la RDC qu’elle l’a été.
” La RDC en ce moment a besoin de transformer ses matières premières ici localement. Elle veut jouir de ses ressources. La Chine doit développer des options qui lui permettent de rencontrer ces attentes légitimes de la RDC tout en tenant compte du contexte actuel, celui de la guerre du positionnement des États-Unis et du contrôle des ressources stratégiques de la RDC pour la transition énergétique”, a conclu Merlin Makanzu.
Rappelons que selon le rapport de l’inspection Générale des Finances ( IGF), 15 après sa signature, le fameux contrat chinois a plus profité à la partie Chinoise qui a empoché un bénéfice évalué à plus de 10 milliards USD. Selon les chiffres de la SICOMINES, jointe venture créee pour gérer ce projet, sur les 3 milliards d’infrastructures attendus côté RDC, 822 millions seulement ont été déboursés.
Vérifications faîtes, l’IGF crie à une surfacturation énorme rien que sur le volet infrastructures. Tout comme la société civile, elle estime que les infrastructures réhabilitées et construites ne coûteraient pas plus de 300 millions USD.
Molimo









