Chaque jour qui passe rapproche à la manifestation de la vérité des faits dans le procès de l’activiste des droits de l’homme Rossy Mukendi Tshimanga, tué à coup de balle le 25 février 2018 à Kinshasa, lors de la manifestation populaire contre le troisième mandat du président honoraire Joseph Kabila.
La prochaine audience de cette affaire jugée en procédure de flagrance par la Haute cour militaire qui siège en premier et dernier ressort aura lieu le vendredi 23 mars prochain. Au cours de cette audience, la Haute Cour militaire va exploiter le rapport médical et procéder à un examen balistique.
Il s’agit concrètement pour les juges de confronter les éléments en leur possession à la vérité scientifique sur le fait que Rossy Mukendi a été effectivement tué par coup feu. Il sera question ensuite, avec le concours des experts, d’identifier les types des balles qui ont perforé les cotes gauches de cet activiste des droits de l’homme.
A l’audience du 16 mars dernier, un renseignant a suffisamment chargé le colonel Carine Lokeso, accusée d’avoir donné l’ordre au policier Tokis Gérard de tirer sur Rossy Mukendi. Cité comme agent non apparent ( agent de renseignement), ayant assisté au meurtre de cet activiste des droits de l’homme, le sous commissaire Alexis Mukenge Wa Mukenge a affirmé devant les juges que c’est bel et bien Carine Lokeso qui a donné cet ordre en sa présence.
” C’est le colonel Carine Lokeso qui avait donné l’ordre aux policiers d’ouvrir le feu. C’est elle qui a donné l’assaut. Quand on est rentré dans la jeep, je lui ai fait savoir que son ordre donné a occasionné la mort des manifestants et que je devrais en informer la hiérarchie. Elle m’a demandé d’effacer le tableau. Je lui ait qu’il n’est pas question d’effacer le tableau. Le fait est que ton policier a tué quelqu’un sur ton ordre”, a-t-il déclaré.
Interrogés au sujet de cette déposition, le colonel Carine Lokeso et le brigadier en chef Tokis Gérard ont affirmé que le renseignant a menti sur toute la ligne. Ils ont demandé aux juges d’accorder aucun crédit à ses déclarations.
Rappelons que la Haute Cour militaire a effectué une descente sur le lieu de crime le 2 mars 2023. Une audience foraine a été tenue sur place laquelle a contribué à éclairer progressivement la religion des juges.
A l’heure de l’Etat de droit cher au président Félix Tshisekedi, nombreux sont des analystes qui en appel à la justice sur ce jeune plein d’énergie et de détermination qui a payé de sa vie sur le front du combat pour l’alternance pacifique et démocratique intervenue à la tête du pays.
ODN








