Au cours d’une émission diffusée sur la Radio Top congo, vendredi 14 avril 2023, le professeur d’Economie, Evariste Mabi Mulumba, a partagé à cœur ouvert son histoire, un pan de son vécu. De ses premiers pas scolaires, à son rapprochement avec le Maréchal Mobutu, en passant par les fonctions de premier ministre, de ministre des Finances, du président de la Cour des Comptes, ainsi que par son vécu durant les études universitaires à l’université de Liège en Belgique où il a obtenu sa thèse en Économie.
Réagissant à une question de Christian Lusakweno sur l’économie congolaise, notamment sur sa cheville ouvrière le secteur minier, le professeur Mabi a effleuré la sempiternelle problématique des contrats miniers qui lient la RDC à certains opérateurs dont le fameux Contrat Chinois. Il les a qualifié de “bradage des gisements de la RDC, contre presque rien en retour”.
Pour lui, le grand problème dans cette dernière convention est le fait que la RDC n’avait pas solliciter l’expertise des grands cabinets spécialisés pour l’accompagner dans les négociations. Maintenant qu’on parle révisitation, cet économiste suggère que la partie congolaise puisse se faire assister à la table de renégociation par des techniciens si elle veut que cette dernière aboutisse à un véritable rééquilibrage des intérêts.
“Nous avons donné nos gisements presque pour rien…C’était un bradage avec notre accord ! Quand on voit en détail le contrat chinois, on se demande comment peut-on signer de telles données. Le grand problème est que la RDC ne s’était pas fait accompagner des grands cabinets pour négocier dans ce domaine. On donnait comme argument, ça coûte cher ! A l’heure actuelle, on a pas cet argument parce qu’il existe au sein de la Banque Afrique de développement ( BAD), le département juridique qui assiste les pays qui négocient et c’est la BAD qui paye les cabinets. Donc nous n’avons pas d’excuses”, a-t-il fait remarquer.
Et de poursuivre : “Si on doit corriger les choses, il faut nécessairement recourir à des cabinets qui ne coûteront pas chers pour mieux négocier. Par exemple, dans ce partenariat, on a jamais évaluer la part du partenaire dans le capital et les gisements mis à disposition. Telles que les choses se passent, c’est comme si on a donné les gisements pour rien. Vous allez voir que dans ce partenariat, on recourt à l’emprunt. Cependant, on a pas calculé la part que chacun amène”.
A une question de savoir si la cause du bradage des ressources minières de la RDC serait le fait que le pays n’a plus de crédibilité sur le marché international, le professeur Mabi Mulumba s’inscrit en faux.
” Il y a qu’eux qui ont de la crédibilité ? Pourquoi ce sont les autres qui vendent nos gisements au lieu que ce soit nous même. Ces gisements en question, nous pouvons nous même les vendre au lieu de les brader. Vous n’avez qu’à voir un certain nombre de gisements achetés par Dan Gertler. Il achète un gisement à la GECAMINES à 50 millions USD et, cinq mois après, il le revend à 800 millions USD. Un autre problème qui favorise cette situation est la corruption qui se fait à ciel ouvert”, a déclaré le professeur Mabi Mulumba.
A titre de conseil, il pense que les politiques congolais devraient absolument intégrer dans leur logiciel, la culture de la redevabilité. “On en sortira si on prend conscience. On devrait avoir un certain recul pour se poser la question de savoir, pourquoi ça ne marche pas ; quelle est la direction à prendre et taire un peu les rivalités qui ne reposent pas sur une base objective”, a conclu le professeur Mabi Mulumba.
Molimo








