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RDC: Qui mieux que le magistrat suprême pour guérir la Justice de son cancer en stade avancé?

La justice congolaise n’est pas seulement malade comme l’a allégué le président de la République démocratique du Congo, Felix-AntoineTshisekedi. Sa situation est beaucoup plus préoccupante qu’on se l’imagine. Elle se trouve actuellement aux urgences, rongée par un cancer en stade avancé.

Cela fait des décennies que la santé de la justice congolaise est très critique. À la place d’une thérapie de choc, les médecins qui se sont succédés n’ont prescrit que des calmants. D’autres par contre, faute de bons diagnostics, ont proposé des schémaa thérapeutiques qui ont aggravé la situation, avec le risque d’accélérer sa mort.

À compter de l’époque post-independace, la maladie de la justice congolaise a connu différents stades fondamentaux, correspondant à des régimes politiques qui se sont succédés à la tête de la RDC. Au régime autocratique de Mobutu ( 1965-1997) est attachée une justice des forts au détriment des faibles. La loi est appliquée selon la volonté du guide suprême.

République des juges

On note au passif de cette justice, des exécutions de beaucoup d’innocents, des jugements complaisants, l’impunité des crimes graves commis par les dignitaires du régime, la violation ostentatoire des lois du pays et de la Constitution par les juges placés sous la coupe des politiques.

Durant le règne de Laurent Désiré Kabila ( 1997-2001), la justice congolaise a vu sa maladie s’aggraver davantage. Une situation favorisée notamment par la suspension de la
Constitution et d’autres lois du pays durant un bon moment par le nouvel homme fort du pays. L’Etat a connu un grand recul sur le plan de l’application des textes légaux et réglementaires durant cette période.

Puis vint la période qualifiée par certains sociologues de la “République des juges”. Cette étape part de la transition 2001-2006, à la fin du règne de Joseph Kabila en janvier 2019. D’ailleurs, dans les faits, cette époque où les magistrats se comportaient comme les tout puissants s’est poursuivie jusqu’à la fin de la coalition FCC-CASH qui consistait en la gestion collégiale du pays entre le nouveau président Félix Tshisekedi dépourvu de la majorité au Parlement et le Président sortant Joseph Kabila.

État de Droit, rêve volé ?

Nombre d’analystes estiment que c’est la période la plus noire où la justice Congolaise a vu son cancer atteindre un stade très mortel. C’est à cette époque où les procédés contra-leguem des services de renseignement ( ANR et DEMIAP) ont imposé leur suprématie sur les procédures judiciaires.

Beaucoup de congolais ont trouvé la mort dans le silence le plus exécrable sur le fameux “couloir de la mort” des services de renseignement”. La justice a été utilisée comme un instrument pour régler les comptes aux adversaires politiques.

L’avènement du président Félix Tshisekedi à la magistrature suprême a auguré une lueur d’espoir quant à la guérison de la justice congolaise. Ces espoirs étaient fondés entre autres sur le fait que ce nouveau président est issu d’un parti politique ( UDPS) relevant d’une grande tradition démocratique.

Une justice injuste

Pourquoi ne pas espérer à un grand changement, surtout lorsqu’on sait que le président Tshisekedi a fait de “l’Etat de droit” son cheval. Apres plus de cinq ans à la tête du pays, peut-on conclure aujourd’hui à une guérison de la justice congolaise ? Nombreux sont des congolais qui répondraient par la négative à cette question.

C’est qui est plus curieux est qu’à la place d’exécuter un protocole médical qui permettra à cette justice de se guérir, le “docteur Fatshi” se resigne dans le constatatif. Répondant à une question sur l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera, le 22 février 2024, lors d’un briefing presse animé par le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, le Président Félix Tshisekedi a affirmé je cite “la justice congolaise est malade”.

Une affirmation qui a soulevé de l’indignation dans l’opinion. De l’avis de beaucoup d’analystes, que le ” médecin directeur “, mieux le magistrat suprême, le dise, ressemble plus à un aveu d’échec qu’à une ferme assurance de guérir la maladie.

La contre-expertise du docteur Ambongo

L’affaire de la mort de l’ancien ministre des Transports, Chérubin Okende s’avère être le symptôme majeur qui atteste que ce cancer dont souffre la justice congolais a atteint une phase avancée. En témoigne le diagnostic à valeur de contre-expertise effectué par le “docteur Fridolin Ambongo”.

Dans son homélie, le 20 mars 2024, lors de la messe de requiem de Chérubin Okende, à la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa, l’archevêque métropolitain de Kinshasa a affirmé ce qui suit : “La conclusion incompréhensible à laquelle est parvenue l’enquête est la preuve suprême que la justice de notre pays est vraiment malade”.

D’où la question pour un champion : Qui mieux que le magistrat suprême pour guérir la justice congolaise ? La réponse est qu’il n’y a que le président Félix Tshisekedi, mieux que quiconque, qui peut prescrire un remède efficace, mieux des actions thérapeutiques concrètes à mener pour sortir cette justice de cette maladie qui n’a que trop duré.

Vivent un protocole thérapeutique efficient

Il ne suffit pas de recruter les nouveaux magistrats et d’améliorer le traitement de ce corps de métier. Un début de solution réside dans la mise en place des mécanismes innovants et efficaces de contrôle, assortis des sanctions disciplinaires et pénales sévères. Pour ce faire, il faut renforcer les pouvoirs du Conseil supérieur de la magistrature et lui donner les moyens nécessaires pour contrôler à temps et à contre temps le travail des magistrats à travers des dispositifs d’interaction avec la population et les différents chefs de juridiction.

Nous pensons en conclusion qu’à la place de dire que la justice congolaise est malade, le président Tshisekedi doit agir pour la guérir. Ainsi, l’Etat de droit tant attendu sera effectif et le pays pourra aspirer au véritable développement durable. La justice élève une nation, dit-on.

Chronique de Darel

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