Dans une déclaration faite à la presse ce vendredi 14 mars 2025, depuis les États-Unis, l’avocat international des droits de l’homme, Luc Fikiri Murefu, salue les négociations directes RDC – M23 qui démarrent, sauf imprévu, le 18 mars prochain à Luanda, en Angola.
Ce notable du Sud-Kivu appelle ainsi la population congolaise à soutenir ce dialogue et à ne pas le voir comme un danger, mais plutôt comme une opportunité de discuter en vue du retour de la paix véritable à l’Est de la République démocratique du Congo.
“J’encourage le président de la République, Félix Tshisekedi, à se saisir de cette main tendue par l’Angola. Aujourd’hui, le dialogue avec les ennemis de la République s’offre à nous comme une voie positive pour la paix durable. J’invite nos autorités et la population à s’impliquer comme il se doit afin d’aboutir au rétablissement de cette paix dont nous avons tous besoin”, a-t-il déclaré.
Pour Me Luc Fikiri, l’approche militaire ne saura pas résoudre la crise sécuritaire à l’Est de la RDC, surtout pas avec les FARDC infiltrées. Il souligne le dialogue reste la voie idéale pour sortir le pays de la crise actuelle et libérer les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu de l’occupation rwandaise.
“J’ai appris de façon favorable l’annonce de l’Angola pour des négociations directes entre notre pays et le M23 en vue de la restauration d’une paix durable à l’Est. Je salue cette initiative du président angolais Joâo Lourenço en soutien à notre pays frappé par les groupes armés et par l’insécurité, pendant plus de trente ans. Trop c’est trop ! L’urgence s’impose. Dans la situation actuelle, avec nos FARDC infiltrées, l’aspect militaire ne pourrait favoriser le retour rapide de la paix aux Nord et Sud-Kivu”, a-t-il martelé.
L’occasion faisant le larron, Me Luc Fikiri a exhorté les autorités congolaises qui vont prendre part à ce dialogue à privilégier l’intérêt général de la nation durant les discussions et à penser avant tout aux congolais qui meurent chaque jour à l’Est du pays, aux femmes violées, aux élèves qui ne vont plus à l’école et aux populations contraintes de quitter leurs toits.
“Il faut mettre de côté les considérations et intérêts personnels et voir l’intérêt supérieur de la population qui ne veut plus être sous les bruits des balles et mourir tous les jours à cause de la rébellion guerre. Car, dit-on, la voix du peuple, c’est la voix de Dieu et le salut du peuple, c’est la loi suprême”, a-t-il souligné.
Me Luc Fikiri a aussi saisi cette opportunité pour appeler le Président de la République Felix Tshisekedi à épurer les FARDC de tous les traîtres et infiltrés.
“J’encourage le chef de l’Etat à penser également au réaménagement systématique de notre armée. Les officiers des FARDC sont tellement infiltrés et corrompus. Ils ont trahi la République. Il faut les remplacer, voir même les mettre en prison Monsieur le Président. Il faut changer tous les colonels, généraux… Il faut donc changer les chaînes de commandement, afin d’en extraire tous les mauvais herbes qui travaillent au profit de l’ennemi”, a-t-il conclu.
Rappelons que la Présidence angolaise a annoncé, le 11 mars dernier, à travers ses comptes réseaux sociaux, le début des négociations directes RDC-M23 pour le 18 mars prochain à Luanda.
Cette annonce intervenait peu après une brève visite du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et de son homologue angolais, João Lourenço.
Pour certaines opinions à Kinshasa et à l’intérieur du pays, ce dialogue risque d’être perçu comme un signe de faiblesse, compromettant ainsi la position diplomatique de la RDC.
Youss Shukrani








