La rentrée scolaire 2025-2026 est prévue pour le lundi 1er septembre sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo. À seulement 48 heures de cette échéance, un constat s’impose : une grande partie des parents n’a pas encore bouclé les préparatifs nécessaires pour envoyer leurs enfants à l’école.
Pour prendre le pouls de la situation, notre rédaction a sillonné quelques quartiers de la capitale et dépêché ses reporters au marché Gambela, l’un des plus grands centres d’approvisionnement en fournitures scolaires de Kinshasa.
« Je ne me sens pas prêt à envoyer mes trois enfants à l’école ce lundi. Si tout va bien, ils commenceront les cours deux semaines après. Je suis fonctionnaire, mes moyens sont limités. J’ai dû privilégier mon aîné qui est à l’université », confie Félix Mondo, un père de famille croisé sur place.
Un témoignage qui reflète la réalité de nombreux ménages kinois. Dans les allées du marché Gambela, visités ce vendredi 29 août, l’affluence est restée timide. Quelques parents seulement prenaient d’assaut les étalages des vendeurs, la majorité étant encore au tout début des achats.
« J’ai cinq enfants. Je suis obligée d’acheter progressivement. La semaine passée, j’ai déjà pris une partie des fournitures. Aujourd’hui, je complète avec des cahiers, des lattes, des stylos et d’autres articles manquants », explique Brigitte Sundu, quadragénaire.
Même son de cloche chez Chantal Lokwa, mère de quatre enfants : « La vie est devenue très dure. Je n’ai pu acheter que les cahiers, les sacs à dos et les uniformes. Le reste viendra après la rentrée. »
Les parents interrogés dénoncent par ailleurs la flambée des prix. « Tout est devenu cher. Même les articles de base coûtent deux à trois fois plus que l’année passée. C’est difficile pour nous », se lamente un père rencontré à la sortie du marché.
En dépit de ces obstacles, les établissements scolaires de la capitale assurent mettre les bouchées doubles pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions. Préparatifs pédagogiques, réunions avec les enseignants et mobilisation des équipes administratives sont en cours afin de garantir une rentrée scolaire « digne et réussie ».
Kinshasa se prépare ainsi à voir reprendre le chemin des classes à plus d’un million d’élèves, dans un contexte économique marqué par l’inflation et les difficultés financières des ménages.
Gemima Ngoya








