Pour comprendre le monde et s'épanouir

Soupçons de corruption au ministère des Finances : l’injonction adressée au PG repose sur des faits « réels et récents » (Mise au point)

Aucun différend personnel n’oppose le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, à son collègue des Finances, Doudou Fwamba. Les deux responsables entretiennent, au contraire, des relations institutionnelles normales et cordiales.

C’est ce qu’affirme une source proche du ministère de la Justice, contactée par notre rédaction, à la suite des polémiques alimentées sur certains plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux après l’injonction adressée au procureur général près la Cour de cassation concernant des soupçons de corruption au sein du ministère des Finances.

Selon cette source, le ministre de la Justice avait, au préalable, échangé avec son homologue des Finances avant de saisir le Parquet, afin d’écarter toute interprétation tendant à présenter cette démarche comme un acte unilatéral ou ciblé.

L’injonction au PG ne repose ni sur des rumeurs, ni sur des  fake news

Contrairement aux allégations de certains commentateurs, la source souligne que l’injonction donnée au PG ne repose ni sur des rumeurs, ni sur des « fake news », mais bien sur des faits « réels et récents », et s’inscrit strictement dans les prérogatives constitutionnelles du ministère de la Justice, notamment la lutte contre la corruption et les antivaleurs.

Cette mise au point a démonté les fausses informations relayées par certains médias et analystes de circonstance. En effet, les faits évoqués publiquement par ces derniers remonteraient à plus de trois mois, alors que l’injonction du ministre Guillaume Ngefa concerne des éléments nouveaux et distincts, précise la source.

Elle souligne qu’il s’agit de la seule injonction donnée par le ministre de la Justice au Parquet dans ce dossier précis et que cette initiative judiciaire ne vise ni une personne ni une institution en particulier.

Des éléments nouveaux mis à la disposition de la justice

Sur le plan juridique, rappelle-t-on, le classement antérieur d’un dossier par le Parquet demeure une décision administrative susceptible d’être légalement réexaminée dès lors que de nouveaux éléments sont portés à la connaissance de la justice.

Parmi ces éléments nouveaux figureraient des pratiques de « pourcentage » devenues récurrentes au sein du ministère des Finances, mais également dans d’autres administrations publiques. Une réalité bien connue de nombreux opérateurs et usagers contraints d’assurer eux-mêmes le suivi de leurs dossiers afin d’obtenir le paiement de créances ou de prestations dues.

Agitation chez les corrupteurs et les faussaires

Pour l’entourage du ministre Guillaume Ngefa, ce qui suscite aujourd’hui des remous n’est pas l’injonction en elle-même, mais plutôt la détermination affichée du ministre à lutter efficacement contre la corruption, les antivaleurs, la fraude minière et les réseaux mafieux, notamment ceux liés au phénomène des folioman.

Cette fermeté s’est notamment illustrée dans le dossier de la pension alimentaire des détenus. À son arrivée à la tête du ministère, une anomalie non justifiée de 30 % a été constatée. Une situation qui a conduit, après concertation avec le ministère des Finances, à la décision de ne décaisser que 70 % des montants prévus, contre 100 % auparavant, soulevant ainsi la question de l’affectation réelle des fonds non utilisés.

La source indique par ailleurs que, depuis la prise de fonctions de Guillaume Ngefa, la gestion des fonds destinés à la restauration des prisonniers est désormais assurée directement par l’administration de la Justice. Une responsabilité qui relevait auparavant d’une conseillère ministérielle, renforçant ainsi la traçabilité, la transparence et la bonne gouvernance des deniers publics.

Enfin, elle précise que plusieurs autres faits nouveaux ont été transmis au parquet général près la Cour de cassation, notamment ceux relatifs aux rétrocommissions devenues quasi obligatoires pour le traitement des dossiers de dettes publiques. Il appartient désormais à la justice de faire son travail en toute indépendance, dans le strict respect des lois et des textes réglementaires de la République.

La Rédaction

Laisser un commentaire

Solverwp- WordPress Theme and Plugin