Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/N’djili a jugé en procédure de flagrance, ce mardi 20 janvier 2026, l’affaire dite « Zua ye Tshombo, tika ye akende » (prends-lui le téléphone et laisse-le partir). Cette affaire découle de la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, montrant des policiers en uniforme chantant des paroles faisant l’apologie de l’extorsion des téléphones portables des citoyens.
Cinq policiers ont comparu devant la justice militaire pour s’être filmés et avoir partagé cette vidéo au contenu jugé contraire à la discipline et à l’éthique professionnelles. À l’issue du procès, trois prévenus ont été condamnés à trois ans de servitude pénale principale, assortis du paiement de 200 000 FC de frais de justice chacun.
Selon le dispositif du jugement lu par le président de la composition, les policiers Sindani, Kabamba et Kiadi, ont été reconnus coupables de l’infraction de violations de consignes, le tribunal ayant retenu l’existence de circonstances atténuantes. Leur arrestation et leur détention ont été confirmées.

En revanche, le tribunal a acquitté le prévenu Kasongo, poursuivi pour non-dénonciation d’une infraction, estimant que les faits n’étaient pas établis. Le prévenu Tuzolana, quant à lui, a été reconnu coupable de la même infraction et condamné à 12 mois de prison avec sursis, peine qu’il n’exécutera pas tant qu’il ne commet aucune infraction durant la période probatoire.
Au cours des audiences, les prévenus ont reconnu les faits et présenté leurs excuses à la justice. Ils ont néanmoins soutenu que la vidéo avait été réalisée dans un esprit de plaisanterie, sans intention de mettre en pratique les comportements évoqués ni de porter atteinte à l’image de la Police nationale congolaise.
La diffusion de cette vidéo a provoqué une vive indignation au sein de l’opinion publique, poussant de nombreux Congolais à dénoncer une attitude assimilée à une banalisation des abus policiers.
En droit militaire congolais, la violation des consignes constitue une infraction grave. L’article 113 du Code judiciaire militaire prévoit des peines allant de trois à dix ans de servitude pénale, voire davantage dans des circonstances exceptionnelles.
Il convient également de rappeler l’existence d’un télégramme du chef d’état-major général interdisant strictement aux militaires et policiers de publier des images ou vidéos en uniforme sur les réseaux sociaux lorsque celles-ci portent atteinte à l’image des forces de sécurité.
Ce télégramme a d’ailleurs déjà occasionné les poursuites de l’adjudante des FARDC, Sarah Ebabi Bongoma, jugée en procédure de flagrance par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, pour violation des consignes militaires,
à la suite d’une séance photo à Kinshasa en tenue militaire, avec son fiancé, lors de leur mariage civil. Des images montrant le couple échangeant des baisers étaient ensuite devenues virales sur les réseaux sociaux
Le ministère public a considéré ces publications comme contraires au télégramme du chef d’état-major général et a requis 10 ans de prison pour violation des consignes. Dans son jugement, le tribunal a reconnu la prévenue coupable d’avoir enfreint les directives militaires, notamment en publiant une vidéo en uniforme sur les réseaux sociaux, et l’a condamnée à 12 mois de servitude pénale principale, avec sursis.
Molimo








