Gestion des finances publiques en RDC. La Cour des comptes remet son rapport public annuel sur les exercices 2020 et 2021 au président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, au président de l’Assemblée nationale et au premier ministre. C’était au cours de la première audience solennelle et publique de l’histoire de cette Haute juridiction des finances publiques en RDC, tenue ce jeudi 9 mars 2023.
Cette audience qui consacrait la rentrée judiciaire 2022-2023 pour cette juridiction devrait rester dans l’histoire. Tant elle est la première depuis la création de la Cour des comptes à l’époque coloniale.
C’est une audience historique non seulement parce qu’elle rappelle les années d’étouffement de cette juridiction par les politiques – entendez ordonnateurs des dépenses publiques en RDC à différents niveaux – mais aussi parce qu’elle symbolise ce pas important franchi sur le front de l’assainissement de la gestion des finances publiques en RDC.
Dans sa mercuriale, le procureur général près la Cour des comptes, Salomon Tudieshe, a tenu à axer son intervention sur l’historique de cette juridiction, sa composition et son fonctionnement des années coloniales à ce jour.
“L’histoire retiendra que la Cour des comptes de la RDC a été réhabilitée, en tant qu’institution et dans l’accomplissement de sa mission, sous votre premier mandat comme président de la République”, a-t-il déclaré à l’intention du président Félix Tshisekedi.
Il l’a remercié pour ses ordonnances du 22 juin 2022 par lesquelles le Chef de l’Etat a renouvelé le personnel de la Cour des comptes et doté cette institution de toutes structures nécessaires à son fonctionnement optimal.
Le premier président de la Cour des Comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, a consacré son exposé sur le thème : La répression des fautes de gestion : Moyen efficace de lutte contre la corruption en République Démocratique du Congo” .
Il est parti du postulat que “les fautes de gestion susceptibles d’être commises par les ordonnateurs, les comptables publics et les contrôleurs budgétaires dans la gestion du budget de l’Etat, des provinces et des Entités territoriales décentralisées d’une part, et les responsables ou agents des entreprises publiques, des établissements ou organismes publics d’autre part, sont en réalité des réalisations en plein jour des actes de corruption qui se font la nuit, dans le noir, en cachette, à l’insu des oreilles et des yeux indiscrets, d’où la difficulté de leur capture.”
Ce haut magistrat a saisi cette occasion pour présenter l’arsenal juridico-répressif qui permet à la Cour des comptes de traquer la corruption qui se fait la nuit, en anéantissant ses effets qui se manifestent le jour par des fautes de gestion.
Avant de clore son allocution, Jimmy Munganga a rassuré le président Tshisekedi que, dans son combat acharné et déclaré contre la corruption et toutes les antivaleurs, il peut compter sur la Cour des comptes qu’il vient de réhabiliter.
Molimo










