La vie de Florimond Muteba Tshitenge, PCA de l’Observatoire de la Dépense Publique ( ODEP) est en danger. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, ce dernier dénonce une tentative d’enlèvement de sa personne survenue le 14 mars dernier.
C’est dans ce cadre que, souligne le communiqué, Florimond Muteba a adressé une correspondance au Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe pour solliciter le report de sa comparution.
Notons qu’à la suite d’un mandat de comparution lui adressé pour le 17 mars dernier, Florimond Muteba a délégué ses avocats au Parquet général près la Cour d’appel de la Gombe pour en savoir un peu plus sur les accusations à sa charge.
Curieusement, et contrairement aux pratiques du palais, le Parquet n’a pas voulu dire aux avocats ce qu’on reproce à ce grand lanceur d’alerte en RDC. Il a exigé la comparution personnelle de Florimond Muteba.
Chose qui ne s’avère pas faisable pour l’instant au regard des risques de sécurité que court cet acteur de la société civile qui dérange à cause de ses dénonciations sur la mauvaise gouvernance du pays.
Dans la correspondance adressée au PG, le PCA de l’ODEP présente les circonstances des faits de sa tentative d’enlèvement et plaide pour une enquête visant à obtenir des garanties concrètes de sécurité.
Le communiqué indique que Florimond Muteba a par ailleurs écrit au Conseil Supérieur de la Magistrature pour signaler le risque réel d’instrumentalisation de la justice dans ce dossier et l’appeler à une vigilance particulière en vue de préserver l’indépendance des magistrats et le bon fonctionnement du pouvoir judiciaire.
A en croire la source, le numéro un de l’ODEP a aussi saisi le ministre de la Justice Constant Mutamba pour lui demander de veiller au strict respect des procédures légales, à la sécurisation effective de sa personne et à l’ouverture d’une enquête sur les agents publics impliqués dans l’opération menée en violation des normes juridiques en vigueur.
Dans le même registre, Florimond Muteba dit avoir envoyé un rapport exhaustif de la situation à la Commission Nationale des Droits de l’homme ( CNDH) où il a sollicité aussi l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, la mise en place d’une protection officielle pour sa personne et une déclaration publique en appui aux défenseurs des droits humains
injustement inquiétés.
Au Président de la République, Felix Tshisekedi, garant de la Constitution, l’ODEP demande de veiller à la protection effective des défenseurs des droits humains et à la préservation de l’État de droit.
“Cet engagement est d’autant plus crucial qu’il s’inscrit dans la vision que Votre Excellence incarne : celle de la cohésion nationale, du dialogue inclusif et du respect des droits fondamentaux. Ces principes ne peuvent véritablement s’enraciner que dans une collaboration sincère avec les acteurs de la société civile, dans un esprit d’écoute et de respect mutuel. Dès lors, il est essentiel que les voix critiques et les dénonciations soient perçues non comme des menaces, mais comme des contributions citoyennes au renforcement de la République. Car un
pays se renforce lorsque la vérité peut être dite librement, et que les citoyens
défendent avec courage les intérêts de la Nation, au-delà de tout attachement partisan ou personnel”, lit-on dans le communiqué.
Avant de boucler son propos, l’ODEP a réaffirmé avec force son engagement indéfectible en faveur de la
transparence, de la bonne gouvernance, et du contrôle citoyen.
“Aucune intimidation, directe ou indirecte, ne saurait entamer sa détermination.
Comme le rappelait Nelson Mandela,
Priver les gens de leurs droits humains, c’est remettre en cause leur humanité
même”, conclut le communiqué.
Molimo












