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Des OSC sur le Contrat Chinois : “La partie chinoise a gagné au moins plus de cinq fois les revenus espérés sans aucune contrepartie à la hauteur”

Pour les organisations de la société civile, Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Association Congolaise d’Accès à la Justice (ACAJ) et Réseau Gouvernance Economique et Démocratie (REGED), le rapport de l’IGF sur le fameux Contrat Chinois qui lie la RDC au Groupement d’entreprises Chinoises ( GEC) est un véritable arnaque des ressources naturelles du pays de Félix Tshisekedi.

Elles l’ont fait savoir au cours d’un point de presse tenu ce mardi 1 mars 2023 à Kinshasa. Selon le professeur Florimond Muteba, PCA de l’ODEP, qui lisait le communiqué de presse collectif, la partie chinoise a gagné au moins plus de cinq fois les revenus espérés dans cette ” grosse affaire”.

” Les Organisations de la société fustigent la complaisance avec laquelle nos autorités publiques ont négocié cette convention qui brade manifestement nos ressources ; constatent que la partie chinoise a gagné au moins plus de cinq fois les revenus espérés au départ du projet, sans aucune contrepartie à la hauteur des profits engrangés”, a-t-il déclaré.

Décryptant le rapport de l’IGF, ces quatre OSC se disent déçues de constater qu’en 15 ans d’exploitation des minerais, la SICOMINES, jointe venture née du fameux Contrat Chinois, a généré des revenus identifiés pour 9 milliards de USD qui ont seulement profité aux Sociétés chinoises.

Elles rappellent qu’en plus de cela, la SICOMINES vend sa production minière aux Sociétés chinoises associées à moitié prix par rapport aux prix LME faisant ainsi profiter à la partie chinoise de plus de 7 milliards de USD par ce jeu de DUMPING des prix.

Confirmant les données présentées par l’IGF, ces OSC se disent par ailleurs consternées de constater que les Banques Chinoises associées dans l’affaire ont déjà gagnées 2 milliards de USD d’intérêts de leurs emprunts à la SICOMINES. Des emprunts qui doivent être remboursés par la partie congolaise à travers cette dernière joint-venture créée entre les Sociétés chinoises (68%) et la Gécamines GEC (32%), en avril 2008,
avec engagements pour la RDC d’apporter des gisements évalués à 100 milliards USD et les Sociétés chinoises, des moyens financiers pour l’exploitation des mines et la construction des infrastructures évaluées à 3 milliards USD.

Selon les données présentées à l’IGF, la SICOMINES a levé des fonds pour 5 milliards auprès des Banques chinoises. De ce montant, 822 millions ont été affectés à la construction et réhabilitation des infrastructures en RDC.

Pour ces quatre organisations de la société civile qui corroborent la contre-vérification de l’IGF à ce sujet, de ces 822 millions de USD, il y a une surfacturation inouïe des coûts des infrastructures.

Elles citent à titre indicatif : Le boulevard du 30 juin Juin : 6 Km pour 46 millions de USD ; Hôpital du Cinquantenaire : 114 millions de USD ; Avenue Sendwe : 2 Km pour 5 millions de USD ; Avenue devant le Stade des Martyrs : 1 KM pour 25 millions de USD ; Boulevard Triomphal : 1, 2 KM pour 36 millions de USD ; Stade de Bukavu non achevé : 10 millions USD ; Stade de Bunia non construit : 10 millions de USD et Stade de Goma non construit : 10 millions de USD.

D’où l’appel lancé au président Félix Tshisekedi d’entreprendre la révisitation de la susdite convention en tenant compte de l’ampleur des dégâts et pertes évidents subis par la RDC. A défaut d’une solution à l’amiable, les OSC recommandent de suspendre, puis d’annuler cette convention et de nationaliser la SICOMINES.

Elles demandent concrètement au chef de l’État de ne pas laisser impunis les crimes économiques commis dans le cadre de cette Convention. Que la Justice se saisisse de ce dossier et que toutes les personnes impliquées dans la signature comme dans la gestion de ce vaste projet soient entendues.

Du président de la République de l’époque, aux exécutants, en passant par les premiers ministres, les ministres dont les secteurs sont concernés, les négociateurs congolais, le coordonnateur du projet ainsi que les responsables de l’Agence Congolaise de Grands Travaux et ceux de la GECAMINES.

Molimo Kasundi

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