La synergie des syndicats et associations professionnelles de la RDC a organisé une tribune de réflexion du 2 au 3 mars 2023 à Kinshasa, à laquelle ont participé des médecins, des enseignants, des fonctionnaires, des inspecteurs, des professeurs d’universités et d’autres catégories professionnelles.
Trois principales thématiques ont été au centre des discussions, à savoir, la
nécessité de fédérer les forces pour des actions plus efficaces et porteuses ; la responsabilité des parties dans la dialogue social et la nécessité de participer à la définition d’une politique salariale.
Pour mettre fin à la grogne sociale observée dans le secteur public, des syndicalistes présents à ces assises ont plaidé pour un dialogue social sincère qui place au centre la politique salariale.
Florimond Muteba, président du Conseil d’administration de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), a été associé à ces assises pour présenter la recette de son organisation sur la réduction du train de vie des institutions de la République.
“Le Chef de l’Etat doit faire du dialogue social une priorité des priorités pour qu’il y ait la paix dans le secteur et pour qu’il comprenne ce que les enseignants veulent. Quand vous tuez le système éducatif d’un pays, vous le ruinez complètement. Donc il faut faire en sorte que le système soit vivant. Si le système éducatif est vivant, renouvelé dans les différents projets chaque année, je crois que notre pays va sortir très vite du sous-développement», a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : “Il faut sortir du projet éducatif colonial qui a continué avec Mobutu etc. Et c’est toujours là qu’on est. Le contenu du système éducatif actuel est colonial et néocolonial. Il ne peut pas aider à changer la mentalité et la culture pour qu’on fasse autrement. Il s’agit de penser le développement avec la population comme acteurs bénéficiaires. Donc un développement où les congolais ne sont pas les supplétifs des occidentaux mais des responsables de leur propre développement», a-t-il ajouté.
Parlant de la révision des programmes de cours en RDC, Florimond Muteba a plaidé pour la tenue du séminaire de lutte contre la corruption et l’insertion du cours de l’économie de développement dans le système éducatif de la maternelle aux dernières années à l’université.
Secrétaire général du Syndicat des Enseignants des Écoles Catholiques (SYNECAT),
Jean Bosco Puna, a axé son intervention sur la nécessité, pour les syndicats, de fédérer les forces en vue des actions communes plus efficaces.
Tout en plaidant pour un véritable dialogue social, il a fustigé la mauvaise politique du gouvernement qui, selon lui, désigne lors de la signature de différents accords, des syndicalistes inféodés, facilement manipulables.
«Le dialogue social que nous observons aujourd’hui est un dialogue totalement bancal et biaisé dans la mesure où le gouvernement se choisit ses propres syndicats et représentants à la place des travailleurs. Et nous trouvons que cela ne peut pas permettre qu’il y ait de bonnes restitutions. C’est ce qui fait d’ailleurs que lorsqu’on signe des protocoles d’accords, les syndicats qui ont été désignés par le gouvernement ne sont pas capables de pouvoir faire la restitution auprès de la base. Le dialogue social doit reposer sur la politique salariale pour éviter les inégalités et la discrimination de certains agents et catégories socio professionnels», a-t-il conclu.
Molimo








