Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, mardi 8 août 2023, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) exige des autorités du pays de la transparence et de la redevabilité autour du processus de revisitation du du contrat Chinois signé en avril 2008 entre le régime de Joseph Kabila et un groupement des entreprises chinoises ( GEC) pour l’exploitation des mines de la RDC de cobalt et de cuivre contre la construction des infrastructures, ne rassure plus.
Cette plateforme de la société civile spécialisée dans le contrôle citoyen exige “la levée de l’opacité qui couvre ce grand dossier scandaleux qui a privé le peuple congolais de plus de 17 milliards de dollars qui auraient pu permettre l’éradication de la pauvreté absolue dans le pays”.
Pour l’ODEP , cette opacité s’est installée à la fin des travaux de la commission des experts constituée des membres du gouvernement, des membres de cabinet du chef de l’État et des acteurs de la société.
Dépité par le flou entretenu autour de ce processus si salvateur pour le peuple congolais dont les ressources naturelles ont été bradées contre des infrastructures inexistantes et surfacturées, l’ODEP réitère les recommandations formulées par des organisations de la société civile dans un communiqué conjoint du 1 er mars 2023.
Ces dernières :
1. Fustigent la complaisance avec laquelle nos autorités publiques de l’époque ont négocié cette convention qui brade manifestement les ressources naturelles de la RDC ;
2. Constatent que la partie chinoise a gagné au moins plus de cinq fois les revenus espérés au départ du projet, sans aucune contrepartie à la hauteur des profits engrangés ;
3. Disent engager la responsabilité respective de toutes les autorités publiques qui étaient impliquées dans la conclusion et la gestion de la susdite Convention : du Président de la République aux exécutants, en passant par les Premiers Ministres, les Ministres dont les secteurs sont concernés, les Négociateurs congolais, le Coordonnateur du projet ainsi que les responsables de l’Agence Congolaise de Grands Travaux et ceux de la GECAMINES ;
4. Estiment inacceptable que les Congolais puissent continuer à croupir dans la misère, alors que leurs ressources profitent à des entreprises étrangères ;
5.Trouvent normal, en cas de responsabilité établie que les coupables répondent de leurs actes devant la justice ;
6. Reconnaissent le pouvoir de l’IGF de contrôler toutes les entreprises, publiques ou privées, qui manipulent les ressources de l’Etat et du peuple congolais, la soutiennent et appuient, par conséquent son rapport, qui met en lumière le pillage de nos ressources et les crimes économiques qui les accompagnent ;
7. Dénoncent toute politisation de ce dossier, qui est technique et susceptible de recours devant les cours et tribunaux compétents.
Rappelons que dans un rapport publié en février 2023, l’Inspection Générale des Finances ( IGF) a indiqué que la partie Chinoise a déjà gagné plus d’une dizaine de milliards de dollars américains dans cette affaire, dans ce contrat signé en avril 2028.
La RDC qui devrait bénéficier de 3 milliards USD des infrastructures, n’en a reçu les ouvrages que pour 822 millions USD, selon les chiffres avancés par la SICOMINES, jointe-venture créée ( 68 % des parts pour les chinois et 32 % pour la Gecamines-RDC) pour exploiter les gisements congolais évalués à plus de 100 milliards USD.
Dans le cadre de cette convention, la RDC devrait apporter des gisements, les Sociétés Chinoises, elles, les moyens financiers pour l’exploitation de la SICOMINES. En sus, les Sociétés Chinoises devraient lever des fonds pour les infrastructures en RDC pour 3 milliards USD. Curieusement, c’est la RDC devrait rembourser cette dette contractée auprès des banques chinoises avec sa part des bénéfices dans SICOMINES. Une situation qui pousse plus d’un analyste à crier au bradage des ressources naturelles par le régime Kabila.
Ci-dessous le communiqué
Molimo








