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RDC : Vital Kamerhe, le phénix de la scène politique congolaise ( biographie)

Qui est cet acteur politique congolais qui renaît toujours de ses cendres, après un temps de foudroiement ? Réponse : Vital Kamerhe. Le moins que l’on puisse dire est que VK s’avère de plus en plus un véritable phénix de la scène politique congolaise.

Le président national de l’UNC sait toujours tirer son épingle du jeu de chaque situation politique. Il sait toujours traverser avec sérénité les tempêtes politiques quelle qu’en soit la nature.

C’est vers l’année 2000 que le “pacificateur” a fait son entrée dans le landerneau politique Rd Congolais. À ce jour, celui qu’on surnomme “le pacificateur” est resté le même. La résilience demeure le mot qui le caractérise le plus.

Comeback au perchoir 15 ans après

Il l’a prouvé ce mercredi 22 mai, à l’issue de l’élection des membres du bureau de l’Assemblée nationale. 15 ans après, Vital Kamerhe a repris le fauteuil de président du bureau de la Chambre basse du Parlement. C’est haut la main qu’il a raflé 371 voix, sur 407 votants.

Dès le début de ce processus, personne ne doutait de revoir Vital Kamerhe reprendre les rênes du Temple de la démocratie. Un véritable secret de polichinelle pour ceux qui ont un regard qui sait interpréter l’atmosphère politique en République Démocratique du Congo.

Le “faiseur des rois” est loin d’être un novice dans l’arène politique de la RDC, car il ne suffit pas seulement d’évoquer les différentes fonctions occupées durant toute sa carrière politique, mais sa contribution au pays à des différents postes de responsabilités occupés au sein des différentes institutions du pays des années 2000 à ce jour.

Un économiste au savoir éclectique

Né le 4 mars 1959 à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, a fait ses études primaires et secondaires chez les Jésuites. Il a ensuite démarqué à Kinshasa, la capitale de la RDC, pour ses études universitaires.

Au bout de quelques années d’études, il va obtenir sa licence à la Faculté des Sciences économiques et de gestion de l’Université de Kinshasa. Il est actuellement docteur à thèse et professeur au sein se cette même faculté.

À l’orée de sa carrière politique, Vital Kamerhe a occupé divers postes dans plusieurs cabinets ministériels, dont ceux de Léon Kengo, de Mushobekwa Kalimba wa Katana et du général Denis Kalume Numbi. Il a été commissaire général adjoint du gouvernement (AFDL) chargé des relations avec la MONUC.

Un faiseur des rois

Plus tard, Vital Kamerhe va devenir titulaire en tant que commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs. Il a occupé ce poste jusqu’à sa nomination comme ministre de la Presse et de l’Information dans le gouvernement de transition en 2003.

Celui que les militants appellent non sans raison ” Mwalimu “a commencé à se faire vraiment remarquer sur la scène politique congolaise en 2006 lorsqu’il a été nommé secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), cher à Joseph Kabila.

La même année, il a été nommé directeur de campagne du président Joseph Kabila lors des élections de 2006. Grâce à sa maîtrise de la géographie et de la géopolitique du pays, surtout en sa qualité de polyglotte, Vital Kamerhe y a abattu un travail de titan.

Rupture avec J. Kabila

À l’issue de ce processus électoral, Vital Kamerhe a été proclamé meilleur élu du pays, à travers son élection comme député national au Nord-Kivu.
Il a ensuite été élu président du bureau de la Chambre basse du parlement qu’il a dirigé de 2007 à 2009, avant son divorce d’avec Joseph Kabila.

Le bilan de Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée est plus qu’évocateur. Entre le 28 décembre 2006 et le 25 mars 2009, 30 lois votées et promulguées, dont 22 en commissions. Il a initié 18 contrôles parlementaires.

–Quelques unes de ses réalisations–

  • Gestion de la crise armée entre les éléments de la garde présidentielle et ceux du vice-Président de la République Jean-Pierre Bemba Gombo ;
  • Interpellation du ministre d’État chargé de l’Intérieur sur les graves violations des droits de l’homme dans la province de Kongo central (ex-Bas-Congo), avec la traque des éléments de Bundu-dia-Kongo;
  • Interpellation du ministre des Hydrocarbures sur l’exploitation du pétrole en Ituri;
  • Motion de défiance contre le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale sur le détournement des fonds destinés aux victimes des pluies diluviennes et autres calamités dans la province de l’Équateur.

Lancement de son label politique

En décembre 2010, Vital Kamerhe lance son propre parti politique, l’Union pour la nation congolaise (UNC) et se porte candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Il s’en est sorti avec 7,74 % des suffrages et sa campagne a été occultée par le duel entre le président sortant Joseph Kabila et son opposant Étienne Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Comme s’il sentait les choses arriver, Vital Kamerhe va former, en 2018, avec Félix Tshisekedi, un duo qui s’est soustrait de l’Accord de Genève entre les opposants politiques qui se préparaient à ravir le pouvoir à Joseph Kabila après 18 ans de règne.

Ironie du sort, c’est ce duo qui va finalement remporter la présidentielle de décembre 2018. Félix Tshisekedi est élu président de la République devant Martin Fayulu. Vital Kamerhe devient dès lors directeur de cabinet du chef de l’Etat. Un poste qu’il va occuper entre le 25 janvier 2019 et mai 2020.

condamné par la justice pour détournement, puis blanchi

Accusé de détournement des fonds alloués au programme de 100 jours du président Tshisekedi, Vital Kamerhe va être arrêté et condamné à 20 ans de prison en 2020 avant que le jugement soit cassé et qu’il soit acquitté en 2022.

Quelques temps après sa sortie de la prison centrale de Makala, le 23 mars 2023 Vital Kamerhe va être nommé au poste de vice-Premier ministre, ministre de l’Économie. Un portefeuille ministériel qu’il va diriger jusqu’à son élection comme député national et son élévation au poste de président de l’Assemblée nationale à l’issue de l’élection du 22 mai 2024.

Tel un véritable phénix, Vital Kamerhe a échappé belle à la mort quelques jours avant son élection à la tête du bureau de l’Assemblée nationale.

Dimanche 19 mai 2024, soit 72 heures plus tôt, il a été victime d’une attaque meurtrière en sa résidence à Gombe, orchestrée par un groupe d’hommes armés en tenue militaire arborant le drapeau du Zaïre, laquelle attaque a coûté la vie à deux policiers commis à sa garde.

Somme toute, malgré ce parcours élogieux et les qualités intellectuelles avérées, le “Mwalimu” souffre encore de cette affaire de détournement de fonds qui continue à saper cet honneur lui dévolu, quoique déjà lavé par la justice congolaise.

Ainsi, le sexagénaire (65 ans d’âge) devra d’ores et déjà travailler son image à travers un travail de qualité au perchoir de l’Assemblée nationale. Au regard des ambitions qui le caractérisent dans la perspective de la présidentielle de 2028, Vital Kamerhe doit tout faire pour recouvrer sa place dans le cœur des Congolais. Ce qui passe absolument par un travail républicain dans la production législative et le contrôle parlementaire.

Youss Shukrani

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