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Financement de la crise humanitaire en RDC : Le gouvernement n’alloue que 150 FC par année pour chacun de 7 millions des déplacés de guerre, soit 500 FC par personne en 4 ans ( ODEP)

Le gouvernement congolais ne finance presque pas la crise humanitaire en RDC. En quatre ans, soit de 2020 à 2023, le gouvernement congolais n’a alloué que 19 millions de dollars américains aux dépenses humanitaires, en moyenne 4,5 millions USD par année.

C’est ce que rapporte un communiqué publié ce mardi 4 juin par l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP). Faisant les calcules, cette organisation de la  société civile note que chacun des 7 millions des déplacés de guerre en République démocratique du Congo n’a reçu du gouvernement que 0,6 dollars américains d’aide en 4 ans, soit 500 Franc congolais en quatre ans ou 150 Fc pour vivre pendant toute une année.

“De 2020 à 2023,le total des prévisions budgétaires en 4 ans pour le secteur des affaires sociales et humanitaires en RDC est de 196 millions de dollars. Le taux d’exécution de ce budget est de 37 millions de dollars en 4 ans mis à la disposition du Ministère des affaires sociales et humanitaires, soit à peine 19% des prévisions. Cela veut dire que chacun des 7 millions des déplacés de guerre n’a reçu que 0,6 dollars d’aide en 4 ans soit 500 Fc en quatre ans ou 150 Francs congolais par an pour vivre pendant toute une année”, indique le communiqué signé par le professeur Florimond Muteba, PCA de l’ODEP.

Pour cette organisation de la société civile, il s’agit là d’une forme de crime contre l’humanité. Elle souligne que cela est la preuve de l’irresponsabilité des gouvernants congolais qui continuent d’augmenter les dépenses de fonctionnement d’autres institutions, au détriment du ministère des Affaires sociales et actions humanitaires.

“A quel genre d’êtres humains avons-nous confié nos vies ? Quel niveau d’irresponsabilité et de cruauté ? Nous savons tous que la communauté internationale ne comblera jamais un tel déficit. La vie d’un congolais n’a aucune valeur pour un occidental. Ce scandale est un énorme crime contre l’humanité que nous dénonçons sans complaisance. Pendant ce temps, la corruption, les détournements et le blanchiment des capitaux battent le plein. Le train de vie de l’Etat et surtout celui des institutions atteignent des niveaux en franchissant toutes les lignes rouges, les députés grossement payés. En considérant la situation de sinistre que traverse 7 millions de nos compatriotes, que fait le gouvernement ?”, s’interroge l’ODEP.

Faisant des prévisions en besoin d’assistance à ces réfugiés internes évalué à 7 millions, l’ODEP situe la proposition minimale d’une aide pour la survie à 2 dollars par jour, soit 14 millions de dollars par jours pour l’ensemble des populations sinistrés, 220 millions par mois et un total de deux milliards 244 millions de dollars à mobiliser pour une année rien que pour les besoins physiologiques de base.

“Si nous incluons les infrastructures et les déplacements, nous pouvons arrondir tous les besoins à 3 milliards de dollars par an pour nos compatriotes, ce peuple d’abord en péril et qui meurt tous les jours par manque d’une prise en charge appropriée de notre gouvernement qui prétend disposer d’un budget de 16,8 milliards de dollars.

Entre temps, note l’ODEP, le gouvernement congolais alloue des ressources beaucoup trop grandes à d’autres institutions qui, d’ailleurs, brillent par des dépassements budgétaires les plus scandaleux chaque année.

Il demontre par exemple que oe salaire annuel des députés nationaux est 198.000.000$, en raison de 33.000 multipliés par 500, multipliés par 12. L’ODEP regrette que ses recommandations sur la réduction du train soient restées lettres mortes aujourd’hui.

“En même temps, que les dépassements sont pratiqués ailleurs, les dépenses humanitaires prévues de 2020 à 2023 sont en sous consommation. 19% de toutes les prévisions. Où est la justice distributive ? Où est la solidarité nationale ?? et le slogan « le peuple d’abord » ?? En vain, l’ODEP a réclamé depuis 2019 la réduction du train de vie de l’Etat et la promotion des politiques de justice distributive et de solidarité nationale. Où en sont les réformes réclamées à ces sujets ?”, s’interroge-t-il

Soulignons que l’escalade de la violence dans l’Est de la République démocratique du Congo a entraîné le déplacement d’au moins 250.000 personnes au cours du mois de mars dernier, a déclaré un haut fonctionnaire des Nations Unies, décrivant en mars dernier la situation comme une crise humanitaire sans précédent.

La partie Est de la RDC est depuis plusieurs décennies envahie par plus de 120 groupes armés qui cherchent à obtenir une part de l’or et d’autres ressources de la région tout en perpétrant des massacres. Il en résulte l’une des plus grandes crises humanitaires au monde, avec environ 7 millions de personnes déplacées, dont beaucoup sont hors de portée de l’aide.

Ci-dessous le communiqué

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